LES RÉGIMES, OU LA PSYCHOLOGIE MISE À L’ÉCART

LES RÉGIMES, OU LA PSYCHOLOGIE MISE À L’ÉCART

Pour que ce soit plus parlant, je vais illustrer cet article avec mon expérience personnelle.

Après une overdose de sucre début Décembre (ouais j’avais pris de l’avance sur Noël), j’ai décidé d’arrêter. Pendant 1 mois.

C’était un vrai challenge parce que je suis une vraie sugar addict mais j’en étais arrivée à un point où j’avais l’impression de faire du mal à mon corps tellement j’en mangeais.

FACILITÉ DU DÉBUT

Au début, comme tout challenge, peu importe les difficultés qui t’attendent, t’es au taquet. T’as bien ton objectif en tête, ta démarche est réfléchie, tu sais pourquoi tu le fais.

Tout va bien.

DIFFICULTÉS SUR LA LONGUEUR

Ensuite, forcément il y a des moments plus durs que d’autres.

La tentation

Pas facile de refuser quand ta mère te propose un gâteau préparé spécialement pour toi. Ni quand tu es en plein repas de famille et que tu dois te justifier mille ans.

Les pulsions

Et puis le sucre commence à manquer dans les moments de fatigue, de stress et d’ennui.

C’est hors de question de craquer.

Alors tu trouves d’autres alternatives pour te combler. Au lieu de te faire 2 tartines d’avocat, tu te retrouves à en faire 4. Les amandes sont avalées sans compter. Jusqu’à que tu n’aies plus cette sensation de manque.
Tu te doutes que c’est pas idéal comme façon de réagir. Mais au moins t’as pas craqué sur du sucre.

LA RÉUSSITE

Enfin c’est terminé. Et puis t’es plutôt contente de toi. La fierté de te savoir capable d’arrêter alors que tu croyais que t’étais addict.
Au final on s’habitue à tout.

Dire non aux gens, facile. Choisir du salé ou des fruits à la place du petit déj et du dessert, pas de problème.
Niveau santé, tu te sens super bien aussi. Tu te sens moins fatiguée, moins flasque. Tu sens que ce régime a fait du bien à ton corps. C’est peut-être pas flagrant physiquement, mais tu ne lui donnes plus de calories pleines de sucre et tu te sens plus légère.

L’APRÈS

Bon maintenant qu’on a réussi, qu’est-ce qu’on fait ?

Tu te vois arrêter le sucre toute ta vie ? Non. Le réintégrer dans ton alimentation en petite touche ? Ok.
Au début, chaque bouchée de sucre explose dans ta bouche, tu kiffes. Tu rachètes ces céréales que tu aimais pour le petit déj. Tu reprends ce dessert qui te fait envie depuis 1 mois. “C’est bon j’ai le droit maintenant, et je sais que c’est juste de temps en temps”.
Mais rapidement, les vieilles habitudes reviennent. Les céréales tu les as mangées le soir en rentrant du taf parce que t’étais saoulée de ta journée.
Au fur et à mesure et sans t’en rendre compte, c’est comme si tu étais revenue au point de départ.

“Mais alors ce mois sans sucre ne m’a rien appris ?”

LE PARADOXE

Si, évidemment que ça t’a appris des trucs.

Tu t’es sentie moins fatiguée et t’es à peu près sûre que c’est grâce à l’arrêt du sucre. Avant, tu te souciais pas trop des besoins de ton corps, puisque t’étais en bonne santé.

Remarquer que ça lui faisait du bien de ne plus manger de sucre, ça t’a permis de comprendre qu’en fait il s’exprimait et d’y faire attention.
Donc le sucre c’est pas bon pour ta santé et ton corps n’en a pas besoin. Si t’étais pas sûre, c’est maintenant confirmé.

Mais ta tête ?
En y réfléchissant, ta tête elle était OFF pendant un mois. Enfin. Tu l’as mise sur OFF.
Parce qu’elle a essayé de s’exprimer. Quand t’as mangé des amandes alors que t’avais pas faim.

Ah, cette vieille amie la compulsion, ce besoin de se remplir. Vite. Beaucoup.

C’est juste qu’avant, c’était des envies de céréales le soir avant d’aller se coucher. Là c’était des tartines d’avocat. Oui les avocats c’est sain. Mais pas quand t’en manges 2 de suite le soir. Rien n’est sain quand c’est avalé en trop grande quantité en fait.
T’as arrêté le sucre mais pas la culpabilité de te goinfrer le soir.

Tu ne sais toujours pas t’arrêter quand tu n’as plus faim. Même si, soyons honnête, c’est plus facile de s’arrêter de manger un salade composée que des gâteaux.
Bref, l’idée générale c’est : la rapport avec la nourriture n’a pas changé avec cet arrêt du sucre. Il s’est peut-être même aggravé.

Avoir réussi un “régime” donne l’impression d’avoir le contrôle sur soi oui.

Mais dire que ça suffit, ça serait considérer que la nutrition ne concerne que les besoins physiques de notre corps.

Alors que c’est un savant mélange de physiologie ET de psychologie.
Oui c’est important de connaître les apports nutritionnels nécessaires.

Oui c’est important de faire du sport.

Mais si à côté de ça on ne comprend pas les mécanismes mentaux associés, ça ne sert à rien.

On sait ce qu’il faut manger, mais à côté de ça on n’arrive pas à résister à la tentation, on est frustré et on n’arrive pas changer.

Santé = état complet de bien être mental, physique et social.

Oui t’allais dans le bon sens avec ton sevrage du sucre, physiquement parlant. Mais il faut aller plus loin maintenant.
Parce que cette cure, elle ne t’a rien apporté psychologiquement. Tu n’as rien appris sur toi-même. Oui tu as “tenu”, tu y es “arrivé”, tu es “capable”, tu as de la “motivation”, ou ce que tu veux.
Mais en attendant, tu ne t’es pas intéressée à comprendre ce besoin de se remplir. Ca ne t’a pas donné les clés pour agir pour que ces compulsions diminuent.

CONCLUSION

Finalement, cette diète sans sucre était une cachette. Un chemin facile d’accès.

Pour enfouir la tête dans le sable et ne pas s’occuper du réel problème derrière : quelles sont ces émotions enfouies dans la nourriture ? Ces émotions qui ne demandent qu’à être comprises et utilisées à bon escient.
Mais en fait, je crois qu’on a tous besoin d’expérimenter. De vivre les choses pour les ressentir et comprendre pourquoi c’était pas le bon chemin.

Maintenant tu sais quelle est la prochaine étape.
Te recentrer sur tes sensations alimentaires, physiques et psychologiques.

Comprendre pourquoi tu as cette sensation de “je veux manger là, maintenant”. Qu’est-ce qui se cache derrière ? Mettre des mots sur tes émotions et prendre du recul sur cette envie de manger.
Et puis à ta prochaine décision (de régime) : garde en tête que pour obtenir des vrais résultats, un changement en profondeur est nécessaire. Un changement que tu seras capable de maintenir à vie.

Si c’est juste arrêter tel ou tel aliment pour les remanger dans 3 mois c’est nul. Tout redeviendra comme avant. En pire probablement.

Pour finir cet article avec un exemple parfait de la bêtise des régimes : j’ai entendu une meuf de Secret Story en interview la dernière fois (on ne juge pas, merci).
Elle disait qu’elle avait pris 10kg pendant l’émission. Qu’elle avait voulu les perdre rapidement pour pouvoir participer à une autre émission. Mais qu’elle avait du mal à revenir à son poids d’avant.

Son problème ? Elle est maintenant obsédée par la nourriture. Dès qu’elle voit une part de gâteau elle se sent obligée de la manger. Ce qui n’était pas le cas avant.

Ou comment flinguer un rapport à la nourriture qui était sain à la base.

Prends soin de ton corps et de ta tête.

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