Hyperphagie. C’est quoi, les causes, et comment se soigner

Hyperphagie. C’est quoi, les causes, et comment se soigner

 

L’hyperphagie, qu’est ce que c’est ?

Tu penses qu’à une chose. La nourriture.

 

Tu as ce besoin de manger. Beaucoup. Vite.
Comme si tu devais combler un grand vide.

 

Tu n’as pas faim pourtant. Mais c’est plus fort que toi.
Tu vas manger toutes ces céréales. 
Toute la brioche, et aussi les chips.

 

Tu commences, et c’est impossible de t’arrêter.
Tu ressens un mélange de satisfaction et de désespoir.

 

Le plaisir que la nourriture te procure est trop bon, tu voudrais que ça continue toujours.
Mais tu sens que tu commences à devenir lourde.
Tu sens que tu vas t’en vouloir. Que tu vas déprimer d’avoir mangé tout ça.

 

Mais tu ne veux pas y penser.
Pas maintenant.

 

Tu veux plutôt terminer ce pot de Nutella.

Quand tu as l’impression que tu vas éclater, ou que tu vas vomir.
Tu arrêtes enfin.

 

Un regard sur le champ de bataille que t’as laissé devant toi, puis la culpabilisation…
T n’as plus envie de rien, tu te dégoûtes.
Tu ne comprends pas pourquoi tu fais ça.

 

À chaque fois c’est la même chose, tu jongles entre envie incontrôlable, plaisir et culpabilité.

 

 

1/ Qu’est ce que l’hyperphagie ?

 

Il y a de grandes chances pour que tu fasses de l’hyperphagie.

“Euh, c’est quoi ce truc ?”

 

L’hyperphagie est un Trouble du Comportement Alimentaire (TCA).
Comme la boulimie ou l’anorexie.

L’hyperphagie, c’est la boulimie sans vomir (ou boulimie non vomitive).
Tu manges et tu gardes tout pour toi.

 

Du coup l’hyperphagie est moins connue. Parce qu’elle est invisible.
Tu fais tes crises d’hyperphagie toute seule dans ton coin, mais personne n’est au courant.

 

Les gens s’inquiètent plus souvent des conséquences visibles des troubles alimentaires :

  • quand tu es anorexique, on veut absolument que tu reprennes du poids.
  • quand tu es boulimique, on veut absolument que tu arrêtes de vomir.

 

Quand tu fais de l’hyperphagie, personne le voit. Personne le sait.
Pourtant, tu fais de la boulimie sans vomir.

 

Mais le problème est plus profond que juste ce qu’on voit. Et toi, tu le sais.
Parce que même si physiquement ça va, ta relation avec la nourriture te fait souffrir.

Parler des troubles alimentaires en abordant juste ce qu’on voit, c‘est comme vouloir éviter un iceberg juste en évitant la partie visible. Ils ont essayé dans Titanic, résultat : le naufrage.

 

Les TCA, c’est comme un iceberg.
Il y a ce qu’on voit (ou pas dans le cas de l’hyperphagie).
Et il y a le vrai problème, plus profond, caché sous l’eau.

Les TCA, c’est avant tout des troubles psychologiques.
C’est l’expression d’un mal être profond.
Souvent un manque de confiance en soi, d’estime de soi.

 

Rien à avoir avec le fait d’être gourmande.
La gourmande elle, ne fait pas de crises d’hyperphagie.
La gourmande elle, ne se met pas dans tous ses états après avoir mangé.

 

 

 

 

(Caractéristiques d’une crise d’hyperphagie)

 

2/ Quelle est la cause des crises d’hyperphagie ?

 

Il n’y a pas une seule et unique cause aux crises d’hyperphagie.
D’ailleurs, souvent ces causes se mélangent.

Mais les deux causes qui reviennent la plupart du temps chez les filles que j’ai en coaching :

  • un événement marquant qui a impacté leur confiance en elle, et les a poussé a se réfugier dans la nourriture
  • une envie de contrôler son corps et son alimentation (régime)

 

Les études le montrent, vouloir contrôler son corps et son alimentation génère des obsessions alimentaires.
Des troubles alimentaires.

C’est LA cause N°1 de l’hyperphagie.

 

La plupart des femmes pensent que leurs troubles sont liés aux émotions.
En réalité, les émotions ne sont que la partie visible. Le déclencheur des crises d’hyperphagie.

Mais le mal est plus profond.

 

A/ Tu te sens mal dans ton corps

Se sentir mal dans sa peau, c’est la première cause de ces crises d’hyperphagie.
Tu te demandes quel est le rapport ?

 

Quand tu as envie de maigrir, le seul moyen que tu connais est de te priver.
Réduire ou supprimer certains aliments.

Quand on prive le cerveau, sa réaction est extrême. Il devient obsédé.
Comme un enfant à qui on dit : “non”.

Tu deviens obsédée par la nourriture. Par certains aliments que tu t’interdis .
(souvent du chocolat, je me trompe ?)

Parfois, le simple fait d’avoir des règles en tête génère des obsessions :

  • “cet aliment n’est pas sain”
  • “il ne faut pas grignoter entre les repas”
  • “la salade c’est bon, mais les pâtes c’est mal”
  • “ce soir, je mange équilibré”

Ces règles implicites, on appelle ça la restriction cognitive.
Tu n’est pas vraiment au régime… mais tu es dans un contrôle permanent.

C’est devenu “naturel”.
C’est ta routine alimentaire.

Mais, enfant, est ce que tu te posais autant de questions sur l’alimentation ?
Ou, est-ce que tout se faisait intuitivement ?

Se contrôler n’est pas naturel.
Penser à la nourriture si souvent, n’est pas naturel.

 

Quand tu enfreins l’une de ces règles, ça te stresse.
Tu as tellement peur de grossir.

 

Mais, c’est impossible de se contrôler à vie, tout le temps.
Essayer de te restreindre à vie, c’est comme si tu étais condamnée à perpétuité.
À un moment, tu pètes un plomb dans ta cellule alimentaire. C’est intenable psychologiquement.
Tu finis par manger un truc interdit et HOP c’est la crise assurée.

 

Tu te dégoûtes et tu culpabilises en pensant à tout ce que tu as mangé.
Tu as l’impression d’avoir pris 10 kilos.

Donc tu reprends ton régime dès le lendemain.
C’est reparti pour un tour.

 

Obsédée par ton envie de maigrir, tu joues avec la nourriture pour faire de ton corps ce que tu veux.
Tu développes un vrai stress vis à vis de la nourriture et tu rentres dans un cercle vicieux.

 

Au départ tu voulais juste maigrir…
Aujourd’hui tu veux toujours maigrir.
Mais en plus, comme tu n’y arrives pas, tu as le sentiment d’être nulle.
De n’avoir aucune volonté.

Ton estime de toi se fait rouler dessus par un camion de 15 tonnes.
Tu perds toute confiance en toi.

 

Sans parler de toutes ces émotions négatives que tu ressens maintenant :

  • dégoût de ton corps
  • tristesse de pas avoir le corps que tu veux
  • culpabilité de ne pas avoir de volonté
  • angoisse de grossir
  • stress de jamais t’en sortir

 

Toutes ces émotions négatives, c’est autant de trucs que tu vas devoir affronter.
Ou fuir.

 

B/ Le cercle vicieux de la restriction (physique et cognitive)

 

La plupart des femmes font des régimes.
Parce que notre société nous enseigne le culte de la minceur depuis toute petite.

Mais ce qu’on a oublié de nous dire, c’est que c’est la porte d’entrée dans le cercle vicieux des troubles alimentaires.

 

 

 

3/ Comment soigner l’hyperphagie

Les filles que j’ai en coaching ont tout essayé pour sortir de l’hyperphagie.
Diététicien, psychologue, acides aminés, hypnose, acuponcture, naturopathie, sophrologie… tout.

Je ne crois pas qu’il existe un traitement efficace pour l’hyperphagie.

 

Je crois que le seul moyen de soigner l’hyperphagie est l’alimentation intuitive.
En quelques mots : réapprendre à faire confiance à son corps, le laisser gérer l’alimentation.
Et arrêter “d’intellectualiser l’alimentation”.

(veuillez noter que je ne dis pas “écouter son corps”, mais bien “apprendre à faire confiance à son corps”)

Ça s’apprend.
Et ça ne prend pas 2 jours.

 

Essayer d’écouter son corps ne marche pas.
Tant qu’on n’a pas réappris à le faire.
J’insiste sur l’apprentissage.

Laisse moi te raconter ma propre histoire.

 

Après 8 années d’hyperphagie.
Je me suis finalement sortie de mes crises.

Pourtant, je ne pensais pas y arriver un jour.
Mes troubles étaient tellement ancrés. Et je me disais que la psychologie est quelque chose d’impossible à soigner.

Je me sentais seule.
Je pensais que j’allais devoir vivre avec ça toute ma vie.

Puis, j’ai découvert l’alimentation intuitive.

Mais, j’ai du tout découvrir et comprendre toute seule.
Sans guide, sans explications.

J’ai ré-appris à faire confiance à mon corps.

 

Avant, je mangeais sans faim. Aujourd’hui je ressens la satiété et je m’arrête naturellement lorsque j’ai plus faim.
Avant, je mangeais parce que je me sentais vide. Aujourd’hui, je comprends mes émotions, et les gère sereinement.
Avant, je pensais à la nourriture du matin au soir. Aujourd’hui, j’y pense juste au moment du repas.

 

L’alimentation intuitive m’a tellement libéré que j’ai décidé de devenir coach en alimentation intuitive.
(la 1ère à être diplômée en France)

Aujourd’hui, j’accompagne des filles en coaching.
Et j’ai créé ma propre méthode unique d’alimentation intuitive.

Unique, parce que j’ai organisé tout ce que j’ai appris, de manière à vous faire gagner du temps.

J’ai mi 2 ans à me sortir des troubles alimentaires.
Avec ma méthode, je pense que j’aurais mi 6 mois.

J’ai tourné en rond, je me suis planté, j’ai fait des erreurs.
Les mêmes que font les filles en coaching.

Cette expérience m’a permis de construire une méthode structurée, simple, efficace.

J’explique ma méthode plus en détail ici : Voir ma méthode maintenant.

 

 

Conclusion

Tes crises d’hyperphagie ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain.
Il n’y a pas de méthode miracle.

Tu dois passer par un apprentissage.

 

Aujourd’hui, tes crises sont ta manière à toi de gérer ton mal-être, ton manque de confiance, et tes émotions.
C’est normal, tu n’as pas à culpabiliser.

 

Petit à petit, ton rapport avec la nourriture et avec ton corps vont s’améliorer.

Tu vas apprendre à :

  • faire confiance à ton corps
  • retrouver la satisfaction de manger ce qui te plait et te fait du bien
  • te reconnecter avec tes signaux de satiété
  • respecte ton corps

 

C’est ce travail sur toi-même qui va t’aider :

  • à avoir une meilleure estime de toi
  • et à remettre la nourriture à sa place

Au fur et à mesure, tu ne verras plus la nourriture comme une manière de compenser ou d’anesthésier un mal être.

Et tes crises diminueront naturellement. Petit à petit.

8 Commentaires

  1. Audrey
    27 novembre 2017 / 17 h 42 min

    Merci pour cet article qui dépeint cette réalité que personne ne voit …
    Merci pour tes conseils, que je tâcherai d’appliquer, surtout les 5 min, même s’il est parfois très dur de se “poser” lorsque l’envie de manger nous envahie totalement …
    Merci pour ton blog qui donne de l’espoir !

    Bonne soirée !

    • Elyane
      Auteur
      28 novembre 2017 / 18 h 52 min

      Merci pour ton commentaire Audrey ! 🙂
      Je t’encourage à aller lire les liens que Sabine a partagé juste après, ils sont super intéressants !
      Bonne soirée à toi aussi 🙂

  2. Sabine
    27 novembre 2017 / 18 h 45 min

    Très bon article ! J’adore tes métaphores avec l’iceberg et le doliprane 😉
    C’est exactement ça, quand on mange compulsivement, on cherche quelque chose dans la nourriture qu’on ne trouve pas…
    J’ai lu deux bons articles sur le GROS (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) qui m’ont beaucoup éclairé et qui m’ont permis de mieux comprendre ce qui pousse à manger compulsivement…
    Voici les liens :
    https://www.gros.org/stress-et-alimentation-le-trouble-du-reconfort
    https://www.gros.org/l-impulsivite-alimentaire

    PS : le site du GROS (gros.org) est super intéressant et regorge de bons articles

    • Elyane
      Auteur
      28 novembre 2017 / 19 h 39 min

      Merci beaucoup Sabine pour ton commentaire 🙂
      Les articles que tu partages sont super intéressants et très bien expliqués, j’aime beaucoup ! 🙂
      Je les avais jamais lus alors que je connais bien le site du GROS.
      Merci !!!

  3. Indda
    13 avril 2018 / 21 h 03 min

    Bonjour
    J’ai découvert il y a peu ton blog et ton insta. Je suivais les préceptes de Lucile woodward avant ma seconde grossesse. J’etais Dans le contrôle donc plus aucune crise, crise qui remontait à l’adolescence…totalement méconnue de mon entourage sauf de mon mari à qui je peux tout dire, et qui essaie depuis 12 ans tant bien que mal de m’aider par tout moyen et qu’elle patience! malheureusement on ne contrôle rien enceinte et les crises sont revenues…je cherche le pourquoi du comment car mes grossesses me poussent à être meilleure pour être une bonne mère. Je me rends compte de l’excès de contrôle de la nourriture avant cette grossesse notamment lié au suivi des règles de cette personne, et j’aimerai y remédier. Ton blog m’inspire et à la suite de quelques lectures je me sentais déjà libérée car tout est dit et avec tellement de justesse. En tout cas c’est la première fois que je commente un blog car c’est la première fois que j’ai la sensation que quelqu’un a saisi le truc! Merci

    • Elyane
      Auteur
      3 mai 2018 / 17 h 25 min

      Bonjour Indda,

      Ca me fait super plaisir de voir que tu te sentes comprises, c’est vraiment le but ici 🙂
      Du coup en ce moment tu es actuellement enceinte et tu as des crises ? Si c’est le case, essaie de travailler pour lâcher prise un maximum. C’est de la nourriture, ton corps en a besoin et avant de comprendre le pourquoi du comment, c’est important de s’autoriser à les faire ces crises. Je sais que ce n’est pas facile, mais même si c’est pas super évident comme ça, ces crises ont une raison d’être et si tu les as, c’est que quelque part ça te fait du bien. Y résister ou culpabiliser ne fera rien avancer, et puis enceinte, préserve toi, soit bienveillante envers toi-même 🙂 (tout le temps d’ailleurs, pas que enceinte ^^).
      Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas 🙂
      Bonne fin de journée !

  4. 18 juin 2018 / 0 h 56 min

    Hello !

    Je suis tombée sur ton blog via ton instagram. Cet article est top, et c’est super que certaines personnes commencent à parler de ce trouble si méconnu et tellement souvent pris pour de la gourmandise par l’entourage et même par les personnes atteintes tellement on n’a aucune information à ce sujet.
    Je me suis entièrement reconnue dans ton article qui est très bien écrit mis à part le fait que cela ne se voit pas. Pour moi, les +25kg en un tout petit peu plus d’un an ont tendance à plutôt bien se voir ^^. Pour certaines personnes les périodes de contrôle ne sont pas après chaque crise. Et du coup les prises de poids sont assez spectaculaires. Mais bon, les gens se disent qu’on s’est juste encore trop lâché et qu’on a pas su suivre à 100% le régime que l’on s’était imposé. Et au final, personne ne remarque rien. Ils se disent juste que l’on n’a aucune volonté.

    Enfin bref, ton article est une super ressource pour mieux comprendre notre fonctionnement et le voir de manière plus bienveillante.

    Merci 🙂

    • Elyane
      Auteur
      27 août 2018 / 13 h 11 min

      Hello Albane, merci pour ton commentaire 🙂
      Ahah oui comme tu dis les kilos peuvent se voir ^^
      Mais l’entourage ne remarque rien aux crises… à la souffrance.
      à très vite sur insta.

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