SE SEVRER DU SUCRE : MON DÉFI DE 30 JOURS SANS SUCRE

SE SEVRER DU SUCRE : MON DÉFI DE 30 JOURS SANS SUCRE

Après 1 mois sans sucre raffiné, voici mon compte-rendu !

Ca faisait déjà longtemps que je pensais à me sevrer du sucre. Plusieurs fois que j’essayais, sans tenir plus de quelques jours.
Plus je me renseignais, plus je me disais que vraiment, le sucre, c’était le mal. Donc j’avais mes périodes où je décidais de ne plus manger de sucre.

Le problème, c’est que le sucre c’était une drogue chez moi. Comme beaucoup de monde j’imagine, mais moins que ceux qui sont plus salé par exemple. C’est difficile pour moi de ne pas manger de sucre le matin, de ne pas terminer mon repas par une note sucrée. Impossible de ne pas baver devant une vitrine/photo insta pour un peu qu’il y ait du sucre dedans.

Plus jeune, ma religion avec une amie était celle du Nutella, et mon motto a toujours été « ce n’est jamais trop sucré ». Effectivement, je fais partie des gens pour qui être écoeurée par le sucre est une tâche quasi impossible.

N’empêche, plus ça allait et plus je me faisais des mini crises de panique quand j’abusais. Comme si je sentais mon sang pollué et plus capable de circuler normalement.

Donc de manière générale, j’essayais de diminuer, mais sans vraiment arrêter. Alors je ne sais pas si c’est mes lectures sur l’importance de donner les bons nutriments à son corps pour qu’il fonctionne bien ou un trop plein de sucreries ingurgitées (merci les p’tits déj au taf).

Mais la dernière fois, j’en ai eu marre, j’étais dégoûtée.
First time in my life.

J’avais pris un muffin en guise de p’tit déj. Et une fois terminé, j’avais la désagréable sensation de m’être remplie de rien. De quelque chose d’inutile, mauvais, et que j’avais même pas kiffé.

Et là, j’ai ressenti le besoin d’arrêter.
Pas parce que c’est ce qu’il fallait faire d’après toutes les études, mais parce que j’en avais envie, j’en avais besoin.

Alors j’ai décidé de m’écouter et d’essayer l’expérience dont on parle partout : se sevrer du sucre.

Pendant 1 mois.
Je me suis dis que c’était une bonne durée pour avoir le temps de s’habituer et d’être confrontée à quelques situations difficiles. Comme des gâteaux ou des occasions spéciales.

Aujourd’hui je suis arrivée au bout, alors place au récap !

SE SEVRER DU SUCRE : COMMENT CA MARCHE ?

Il y a plusieurs façons de se sevrer du sucre. Plusieurs niveaux.
Est-ce qu’on doit manger des fruits, des pates ?

Pour moi c’était simple, j’ai uniquement arrêté le sucre raffiné. J’ai donc continué à manger des fruits (ça aide beaucoup, et je n’ai pas abusé non plus. Bizarrement, j’arrive plus facilement à m’arrêter de manger des pommes que du chocolat ! 🙂 ).

Par contre à la poubelle les chips, les pizzas, le pain de mie et tous les produits transformés.

Même si on le SAIT qu’il y a du sucre partout, là ça permet vraiment de l’intégrer.
Soit tu cuisines….soit tu cuisines !

Donc mon quotidien était fait de salades composées, de légumineuses, féculents et légumes cuits à la poêle ou au four.
Des choses assez simples finalement, mais que tu ne te forces pas à faire quand tu n’es pas obligée.
Quand j’avais faim, je grignotais des noix, des fruits ou un thé.
Mon petit déjeuner ? Banane + beurre de cacahuète. le BONHEUR.

LES DIFFICULTÉS

Pour moi il y a 2 types de difficultés :

  1. Quand tu n’oses pas refuser.
    Un gâteau se présente à toi mais t’es tellement convaincue de ton projet no sugar qu’il ne te fait même pas envie. D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à toi tu refuserais direct, mais ton éducation t’en empêche.
  2. Quand t’as trop envie de craquer
    Cette fois-ci ce n’est pas une histoire de politesse.
    C’est juste que t’en as graaaave envie !

Voici mon top 5 des moments les plus compliqués :

  • le taf.
    On devrait interdire les gâteaux au boulot seriously. Je suis arrivée lundi matin, une montagne de kinder bueno / crunch / carambar / fraises tagada m’attendait juste à côté de mon bureau (merci le pot de départ de la semaine dernière).
  • le moment où tu rentres chez toi le soir, seule.
    Et que t’as une dalle pas possible.
  • quand tu rentres chez tes parents le weekend.
    Que ta mère a cuisiné un dessert et que par contre elle a oublié de re-remplir la corbeille à fruits.
  • quand quelqu’un ramène des croissants au boulot.
    Ou pire, quand quelqu’un a fait un gâteau. Comment ne pas vexer quelqu’un en disant non alors qu’il a fait ça avec tout son amour?
  • quand tu t’ennuies.
    Bizarrement quand on s’ennuie on a rarement envie de faire des trucs sains. Enfin personnellement. Peut-être que vous aimez vous cuisiner des haricots verts quand vous vous ennuyez. Moi j’ai plutôt envie de faire un fat gâteau ou manger des fat cookies en mattant un série

CE QUI M’A AIDÉ À TENIR / À DIRE NON

★ Être honnête

Franchement, c’est le plus simple pour te sortir de toutes les situations où tu dois refuser une part sans vexer.
Mais il faut être catégorique.
Parce qu’en général quand tu dis « j’essaie de faire attention » ou « j’essaie de diminuer le sucre », y en a toujours un qui va te dire « oooh ça va, c’est pas une part qui va te faire grossir ».

Qui a dit que je faisais ça pour maigrir?

Du coup rien de mieux qu’un «Non merci je ne mange plus de sucre en ce moment». Et un grand sourire.
Au pire ça engage des discussions et suscite des vocations (ok en général ça suscite des incompréhensions. Mais justement, si les gens voient que tu le vis bien et que tu restes heureuse sans sucre, ils vont forcément y réfléchir + positivement)

★ Se rappeler du “pourquoi”

Quand je voyais un truc qui me faisait envie, je repensais à ce que j’avais ressenti après avoir mangé ce muffin. Ce sentiment de se remplir de vide, et qui me faisait me sentir mal.
Ca aide à faire passer l’envie.

★ Être occupée

Que ce soit regarder une série en buvant un thé, écrire un article de blog, faire le ménage, écrire dans son journal,… peu importe.
Tu penses à autre chose et surtout, tu as la satisfaction d’avoir accompli quelque chose.

★ Faire du sport

Rien de mieux pour se mettre dans un bon état d’esprit. Le plus difficile c’est les quelques minutes avant. Mais dès qu’on a commencé, c’est que du positif !
Pendant le sport, t’es contente de ne pas te sentir lourde (rien de pire que de sentir le pain au chocolat du petit déj remuer dans son ventre). Et après le sport, en + du sentiment de satisfaction, ça te motive à mieux manger. A donner à ton corps ce dont il a besoin pour récupérer.
#cerclevertueux

★ Avoir un stock d’amandes/noisettes/noix de toutes sortes

Ca permet de grignoter facilement sans culpabiliser. Bon par contre, moi je pense que j’ai un peu trop abusé sur cette partie là. Difficile de m’arrêter quand j’ai un stock de noix du Brésil devant moi !

★ Boire de l’eau, du thé, de la tisane

Si on aime ça, je trouve que le thé ou la tisane calme vraiment les envies de sucré. Par exemple, ça ne me dérangeait pas de ne pas prendre de dessert puisque je savais que j’allais boire mon petit thé après le repas.
Après, moi je suis une vraie fan de thé… 🙂

★ Avoir un stock de fruits qui font envie

Ca c’est vraiment important.
Moi par exemple j’ai toujours mon stock de bananes/pommes/raisins. Que je peux agrémenter de cannelle, noisettes au amandes concassées. C’est bon (dans tous les sens du termes), ça cale et ça donne une note sucrée au palais.

★ Cuisiner

Cuisiner, c’est vraiment la clé.
Le but ici c’est de trouver des recettes saines mais qui sont bonnes.

Ouf on est en 2016, on a Google et surtout des recettes healthy partout sur le net !

Moi j’ai acheté le superbe livre d’Ella Woodward, j’ai fait quelques-unes de ses recettes et franchement j’adore !! Les ingrédients sont en général facilement trouvables (un peu moins pour les desserts), les recettes vraiment originales, faciles à cuisiner et surtout bonnes

J’avais par exemple préparé des pâtes de quinoa au pesto de noix de cajou avec des courgettes crues à ma mère : elle a adoré. Elle a surtout aimé les associations « jamais vues » de cette recette.

Ca demande un peu de temps, c’est sur. Mais le temps de préparer et la fierté d’avoir cuisiné une nouvelle recette originale et bonne, ça te nourrit beaucoup plus qu’un repas tout fait !

★ Penser à l’objectif

Ce que tu veux, c’est avoir un corps sain.
Te faire plaisir, mais sans concession sur la santé de ton corps.

« Manger sain » est souvent associé à « être relou ». Honnêtement, même moi je pensais ça il n’y a pas si longtemps.

Manger sain = se prendre la tête, oublier de vivre, etc..

Sauf qu’en y réfléchissant 2 minutes, on se rend compte que c’est exactement l’inverse.
C’est justement se réapproprier ce rapport au corps qu’on a oublié. Réapprendre à l’écouter, à comprendre ses sensations de faim, de dégoût, d’envie.

Tout ça a été complètement oublié avec l’industrialisation, et ça commence tout doucement à réintégrer les esprits.

Et puis quand on dit « sain » c’est pas forcément dans le sens « sans un gramme de gras ». C’est dans le sens « contraire de malsain ».
Être en accord avec soi-même, ses valeurs et sa nature.

Je termine cette liste de tips qui m’aident au quotidien avec ma citation préférée, qui me motive instant’ :

« Une des plus grandes causes d’échecs et d’insatisfaction est d’échanger ce que vous voulez le plus, pour ce que vous voulez maintenant »
Zig Ziglar

POURQUOI ÊTRE AUSSI RADICALE ?

Je pense que beaucoup vont me dire que cette expérience « no sugar » s’apparente à un régime et que, c’est bien connu, les régimes ça déséquilibre.

Et clairement, je n’ai pas besoin de ça (euphémisme).

Je suis complètement d’accord. J’ai d’ailleurs beaucoup réfléchi avant de me sevrer du sucre.  Je me disais que ce n’était pas cohérent avec ma vision d’avoir à terme une alimentation équilibrée sans restriction.

Mais…

  •  J’en avais besoin. Je n’ai pas arrêté le sucre pour la ligne ou pour suivre une mode. Mais parce que je sentais que je ne faisais pas du bien à mon corps.
  • J’avais vraiment un rapport au sucre qui me dérangeait. Une obsession.
    Je voulais me concentrer sur cet élément. Me renseigner sur sa composition, son histoire, son impact sur mon corps. Pour pouvoir analyser mes réactions et prendre du recul par rapport à moi-même.
  • Je savais qu’en faisant l’expérience à moitié (manger du sucre raffiné de temps en temps), je craquerais trop facilement. L’addiction n’étant jamais loin.
  • J’avais envie de le vivre comme une expérience personnelle.
    Il y a des livres relatant des témoignages mais je pense que rien ne vaut un vécu pour se convaincre et comprendre de nouvelles choses.
    Surtout, j’étais curieuse de voir les effets sur moi, mon esprit, mon corps, mes relations sociales.

 

SE SEVRER DU SUCRE : LES CONSÉQUENCES

Les effets négatifs

La principale raison pour laquelle je ne referai pas ce régime, c’est que ça reste un régime. Avec toutes les conséquences psychologiques que ça a.
J’ai d’ailleurs fait un article (ici) où je développe davantage les revers d’une telle expérience.

Je suis malgré tout contente d’avoir tenté l’expérience. J’en avais besoin à ce moment-là et ça m’a quand même appris certaines choses.

Les effets positifs

DANS MA TÊTE

  • Ca m’a aidé à comprendre pourquoi j’ai ce rapport malsain au sucre.
    Mais aussi à m’en détacher et à le voir comme un aliment comme un autre.
  • Ca m’a bizarrement permis de retrouver mes sensations alimentaires.
    Quand j’avais des envies de sucré, j’essayais un maximum de les analyser. De voir ce dont j’avais vraiment envie (de CE dessert qui a l’air ouf bon ? ou de + d’épanouissement dans le travail/l’amour/la vie/les trois?). C’est quelque chose que j’essayais déjà de faire avant. Mais il y avait toujours la pression à la fin de savoir « ok maintenant que tu sais que c’est pour ça : tu le bouffes ton truc ou pas ? ».
    Et honnêtement, savoir à l’avance que je ne vais de toute façon pas y toucher me libèrait de ma décision et m’enlevait un énorme poids.
    Ce qui me permet d’analyser tout ça beaucoup plus sereinement.
  • Ca a renforcé ma confiance en moi.
    Surtout dans mes relations avec les autres. De manière générale, j’aime pas trop parler de moi, et encore moins de mon poids / mon corps / mon rapport à la nourriture. Trop peur que les gens me confirment que j’ai du poids à perdre ou qu’ils essaient de me rassurer en mode “mais t’es très bien comme ça”. Surtout quand ça vient de collègues ou de gens que tu connais depuis 2 min.
    Merci mais c’est moi qui vit dans mon corps.
    Pendant cette expérience, je me suis sentie plus libérée. Je parlais de mon arrêt du sucre sans problème et j’osais en discuter plus longuement avec les gens qui s’intéressaient. Sans doute parce que mes motivations n’étaient pas liées au fait de maigrir mais vraiment liées à ma santé.

DANS MON CORPS

  • J’ai complètement oublié de me peser avant, alors je ne sais pas si j’ai perdu du poids. Et en même temps, je ne faisais pas cette expérience pour ça. Par contre, j’ai constaté que j’étais clairement + ferme ! Ca m’a choqué, surtout au niveaux des cuisses/fesses, là où d’habitude j’ai vraiment du mal à perdre.
  • J’étais plus légère ! Je l’ai surtout ressenti lors de mes séances de sport. Mes jumping jack étaient plus fluides, quand je courais je sentais moins ma graisse balloter de gauche à droite. Et puis j’avais + de souffle.
  • Je me sentais beaucoup plus sereine. J’en étais venue à un point où je stressais de développer du diabète, de mourir d’une crise cardiaque chaque nuit (oui je suis peut-être un peu hypocondriaque sur les bords). Là pas du tout, au contraire. Je ne mangeais pourtant pas que des trucs sains (j’avais gardé pas mal d’aliment avec du bon gras) mais, l’effet placebo jouant peut-être, je me suis sentie en très bonne santé !

DANS MON QUOTIDIEN

  • Je me suis rendue compte de la tonne de sucre qu’on mangeait tous les jours.
    Le nombre de fois où j’ai dû dire “non” parce que c’était sucré, c’est impressionnant ! Avant d’arrêter, je me disais que ça allait surtout être dur de ne pas manger les viennoiseries avec les collègues le matin. Mais finalement je ne me rendais pas compte de toutes les tentations qu’il y avait. Franchement, j’encourage tout le monde à arrêter le sucre rien que pour ça. Constater qu’on peut manger du sucre toute la journée sans problème, sans même s’en rendre compte !
  • J’ai fait des économies d’énergie.
    A chaque fois qu’on te propose à manger, que tu passes devant une boulangerie ou que tu te retrouves dans le rayon gâteaux. Tu te tritures l’esprit en te demandant si c’est raisonnable ou pas.
    “Allez, juste une petite part”.
    Là, zéro réflexion, c’est non. Hop, on passe à autre chose.
    Ca désencombre le cerveau, et du coup il est + disponible pour les autres prises de décision ! Ca parait ridicule dit comme ça, n’empêche que je l’ai vraiment ressenti. Le nombre de fois dans la journée où tu dépenses de l’énergie pour cette petite décision, c’est impressionnant !
    D’ailleurs, Steve Jobs, Barack Obama et Mark Zuckerberg sont d’accord avec moi ! Pourquoi est-ce qu’ils s’habillent tous les jours de la même façon ? Parce qu’ils ne veulent pas dépenser leur énergie sur des petites décisions inutiles. Ils estiment que ça diminue leur capacité à prendre des grosses décisions le reste de la journée.
  • J’ai poussé les gens à réfléchir.
    Au-delà de la première réaction “oh allez, prends juste un petit bout”, parfois les gens s’intéressent à ton projet de ne plus manger de sucre. Et ils se mettent à y réfléchir aussi. Pas forcément à ne plus manger de sucre. Mais il y a une prise de conscience qui se fait, de tout le sucre que l’on mange. Eux aussi voient que tu dis “non” souvent. Et se rendent compte qu’on n’y réfléchit même plus tellement le sucre fait maintenant partie de notre vie.

 

Alors pour terminer cet article, je dirais que le principal enseignement que j’ai tiré de cette expérience c’est ça : la conscience.
La prise de conscience de toutes ces tentations, de ce que les magasins nous proposent, de nos habitudes inconscientes, de notre corps qui nous parle et réagit en fonction de ce qu’on lui donne.

Rien que pour cette prise de recul, que j’essaie d’avoir encore aujourd’hui même si je re mange du sucre, je suis reconnaissante d’avoir tenté cette expérience.

Et du coup je suis curieuse de savoir ce que tu en penses ?
As-tu déjà essayé ce genre de diet ? Quels ont été les résultats ?

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